A quoi sâattendre lorsque lâon entame un programme dâĂ©ducation avec son chien ?
LâĂ©ducation dâun chien demande patience et persĂ©vĂ©rance. Comme chez lâhumain, chaque chien est unique. Son histoire, son tempĂ©rament, ses habitudes et les associations quâil a construites au fil du temps sont autant de facteurs qui façonnent lâindividu quâil est aujourdâhui.
LâĂ©ducation positive doit ĂȘtre un plaisir partagĂ©. Elle repose sur lâobservation, la comprĂ©hension et lâadaptation, afin que lâapprentissage soit vĂ©cu de maniĂšre agrĂ©able. Tous les chiens peuvent apprendre, quelle que soit leur race ou leur Ăąge.
La fréquence des entraßnements
Lorsque lâon souhaite apprendre ou modifier un comportement, la frĂ©quence et la durĂ©e que nous lui consacrons sont essentielles. Par exemple, si vous souhaitez que votre chien arrĂȘte de sauter sur vos invitĂ©s, la frĂ©quence Ă laquelle vous recevez ces derniers fera toute la diffĂ©rence. En recevant des invitĂ©s une fois par semaine, votre chien apprendra sept fois moins vite le bon comportement que si vous receviez des invitĂ©s tous les jours. Le rĂ©sultat final sera le mĂȘme, mais le temps dâapprentissage peut donc varier Ă©normĂ©ment en fonction de la frĂ©quence des exercices. Selon les situations, il nâest pas toujours possible dâaugmenter cette frĂ©quence. Il est alors important dâaccepter que le travail prenne plus de temps.
Lâimplication
MĂȘme sâil nâest pas toujours possible dâaugmenter la frĂ©quence des entraĂźnements dans certaines situations, la plupart des exercices peuvent ĂȘtre pratiquĂ©s au quotidien, et votre implication fera toute la diffĂ©rence. Si les exercices sont prĂ©sentĂ©s comme un jeu, et que votre chien ressent que câest aussi un moment agrĂ©able pour vous, le lien entre vous se renforce. Cela favorise les progrĂšs et accĂ©lĂšre lâapprentissage. En revanche, si lâexercice devient ennuyeux ou dĂ©sagrĂ©able pour lâun ou lâautre, il est prĂ©fĂ©rable de faire une pause, afin dâĂ©viter la contagion Ă©motionnelle, contre-productive pour lâapprentissage.
La contagion émotionnelle
Nos actions ne sont pas les seules choses qui influencent notre chien : nos propres Ă©motions ont Ă©galement un impact important. GrĂące Ă ses sens trĂšs dĂ©veloppĂ©s (odorat, ouĂŻe, observation), le chien perçoit avec prĂ©cision nos changements Ă©motionnels, gestuels et posturaux. Il est donc essentiel de savoir gĂ©rer ses propres Ă©motions avant dâattendre du chien quâil gĂšre les siennes. Si un chien est stressĂ© dans une situation et quâil perçoit que son humain lâest aussi, cela confirme pour lui quâil existe une raison dâavoir peur. Ce phĂ©nomĂšne sâinstalle souvent de maniĂšre progressive : le stress de lâun se transmet Ă lâautre, crĂ©ant un cercle vicieux.
Le degrĂ© dâexigence
En tant quâhumains, nous avons souvent des attentes Ă©levĂ©es envers nos chiens. Lorsquâelles ne sont pas satisfaites, il est facile dâinterprĂ©ter cela comme de la provocation ou de la dĂ©sobĂ©issance, alors quâil sâagit le plus souvent dâune incomprĂ©hension. Par exemple, un chien qui sait se coucher Ă la maison peut refuser de le faire en promenade. Le sol peut ĂȘtre humide, instable ou diffĂ©rent, lâenvironnement plus stimulant, ou la demande totalement nouvelle pour lui. Pour nous, ces diffĂ©rences semblent minimes, mais pour le chien, elles peuvent ĂȘtre dĂ©terminantes.
Un apprentissage progressif
Lâapprentissage chez le chien se fait de maniĂšre structurĂ©e et progressive. Une rĂšgle essentielle est celle des 3D, qui correspond Ă : la DurĂ©e, la Distance et la Distraction. Ces Ă©lĂ©ments doivent ĂȘtre travaillĂ©s sĂ©parĂ©ment, puis combinĂ©s progressivement.
Par exemple, pour un chien, « sâasseoir » est trĂšs diffĂ©rent de :
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sâasseoir longtemps (durĂ©e),
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sâasseoir loin de lâhumain (distance),
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sâasseoir dans un environnement stimulant (distraction).
Lorsque ces trois dimensions sont maßtrisées ensemble, le chien a réellement acquis la compétence lui permettant de répondre aux demandes du quotidien.
Lâintention ne reflĂšte pas forcĂ©ment le rĂ©sultat, mais le rĂ©sultat nous montre la rĂ©alitĂ©
Parfois, nous pensons renforcer un comportement pour le voir augmenter, mais câest lâinverse qui se produit. Cela signifie que, sans le vouloir, nous avons puni ce comportement (puisquâil diminue), mĂȘme si notre intention Ă©tait de le rĂ©compenser (lâinverse est Ă©galement valable). Il est donc essentiel dâobserver le rĂ©sultat rĂ©el, câest-Ă -dire le comportement du chien aprĂšs notre intervention. Le rĂ©sultat nous montre la rĂ©alitĂ© de lâapprentissage. Se tromper nâest pas un Ă©chec, mais une opportunitĂ© dâajustement pour reprendre le chemin vers la rĂ©ussite.
Exemple : En promenade, je rappelle mon chien. Lorsquâil revient, je le rĂ©compense avec une caresse, car je sais quâil les apprĂ©cie. Pourtant, avec le temps, il revient de moins en moins. MĂȘme si mon chien aime les caresses, il ne les apprĂ©cie pas forcĂ©ment dans ce contexte prĂ©cis. En promenade, il prĂ©fĂ©rera peut-ĂȘtre explorer. La caresse nâest donc pas une rĂ©compense suffisante dans cette situation et peut mĂȘme devenir une punition.
Lâattente des rĂ©sultats
Nous attendons parfois des rĂ©sultats plus rapides que ce que lâapprentissage permet rĂ©ellement. Cette impatience peut paradoxalement ralentir les progrĂšs, en perturbant la clartĂ© et la cohĂ©rence des Ă©tapes pour le chien. La clĂ© est souvent dâaccepter dâaller moins vite, pour obtenir des rĂ©sultats plus rapides.
