Je m’appelle Nicolas et je suis passionné par les animaux, et plus particulièrement par les chiens, qui m’accompagnent depuis l’adolescence.
Comme pour beaucoup à cet âge, se construire n’a pas toujours été simple. C’est durant cette période que j’ai rencontré mon premier véritable ami à quatre pattes : un croisé colley d’un an, adopté en refuge. Il a été un soutien précieux m’apportant une présence rassurante, une connexion profonde et un amour inconditionnel. Cette relation a marqué le début de ma passion.
Nombreuses sont les personnes qui ont vécu une relation aussi fusionnelle avec leur chien. C’est un véritable cadeau que de pouvoir partager une telle connexion : une relation fluide, une confiance totale… parfois même sans aucune connaissance particulière du chien, comme ce fut mon cas à l’époque.
Peut-être était ce simplement une question de compatibilité ? Aujourd’hui, je suis convaincu que tout repose déjà sur la communication car il est parfois difficile de se comprendre quand on ne parle pas le même langage.
Chez l’humain, la parole est centrale, accompagnée par les gestes et les expressions. Chez le chien, ce sont surtout les postures et les attitudes qui permettent de s’exprimer. Apprendre à les observer et à les comprendre est donc essentiel.
Lorsqu’un humain et un chien ne se comprennent pas, les difficultés apparaissent. Cette incompréhension engendre de la peur, et lorsque l’on agit par peur — que l’on soit humain ou chien — les réactions deviennent souvent impulsives et conflictuelles.
C’est malheureusement ce que j’ai vécu lors de l’adoption d’un autre chien, un croisé beauceron / berger allemand. Cette fois, la réalité fut tout autre. Ses comportements me semblaient inadaptés : il aboyait sur tout — personnes, chiens, voitures, objets — et développait de la protection de ressources sur sa gamelle, son couchage, le canapé, voire même le frigo.
Désemparé, je ne savais pas comment réagir face à cette agressivité. J’agissais souvent par impulsion, cherchant à interdire ces comportements… ce qui ne fit que les amplifier.
J’ai alors décidé de faire appel à un éducateur canin. À cette époque, je ne connaissais pas les différentes approches existantes. J’ai donc accordé ma confiance, sans recul, à un professionnel utilisant des méthodes coercitives basées sur la peur, la punition et la domination.
J’ai suivi ses conseils à contrecœur, pensant qu’il n’existait pas d’alternative. Sans m’en rendre compte, je détériorais peu à peu la relation avec mon chien et brisais le lien de confiance qui nous unissait. Je me suis donc résigné constatant que cette méthode fonctionnait malgré tout sur certains aspects, du moins au début. Je parvenais à l’empêcher d’aboyer et de grogner par la crainte que je lui inspirais.
Ce répit fut de courte durée. Rapidement, il a commencé à attaquer sans prévenir. Une évolution finalement logique : en l’empêchant d’exprimer ses signaux d’inconfort, je l’avais privé de ses moyens de communication.
Selon cet éducateur, mon chien était dangereux et manquait de cadre. Je devais renforcer mon autorité : multiplier les règles et contrôler chacun de ses actes. Interdiction d’accéder à certains espaces, ignorer ses demandes, manger avant lui, passer les portes en premier… autant de croyances encore trop répandues aujourd’hui, mais pourtant infondées.
Par méconnaissance, j’ai continué dans cette voie, aggravant la situation au point de renoncer progressivement à une vie sociale normale. Mon vétérinaire m’a même conseillé l’euthanasie, estimant la situation trop dangereuse. Mais malgré tout, je n’ai jamais pu m’y résoudre. J’aimais profondément mon chien malgré une relation brisée, un chien encore plus en difficulté, et un profond sentiment d’échec…
Quelque temps plus tard, l’adoption d’un chiot a marqué un tournant. Il était impensable pour moi de reproduire les mêmes erreurs. C’est à ce moment-là que j’ai découvert l’éducation positive. Une véritable révélation.
J’ai alors compris qu’il existait une autre manière de vivre avec son chien : basée sur la confiance, le respect et la coopération. Mon chiot grandissait sereinement, car j’étais là pour l’accompagner, et non pour le dominer.
Cette découverte a ouvert un champ des possibles immense. J’ai été fasciné par les capacités extraordinaires des chiens lorsque l’on prend le temps de les écouter et de les comprendre. J’ai aussi pris conscience que mon manque de connaissances passé avait contribué à façonner un chien en souffrance et dangereux.
Animé par cette nouvelle vision, j’ai souhaité aller plus loin. L’envie de comprendre, de transmettre et d’accompagner est devenue une évidence.
Je me suis alors formé pour devenir éducateur canin spécialisé en méthodes positives et aujourd’hui, j’accompagne les propriétaires qui, comme moi autrefois, se sentent démunis, frustrés ou perdus face au comportement de leur chien.
